Une chute d’activité inédite dans l’industrie manufacturière en 2020

La valeur ajoutée en volume de l’industrie manufacturière française chute de 12 % en 2020, une baisse historique depuis l’après-guerre. La situation se dégrade en France autant que dans les autres pays européens.

La construction automobile et la construction aéronautique sont les branches industrielles les plus touchées (respectivement – 31,7 % et – 31,0 % de baisse d’activité). L’industrie automobile a particulièrement souffert de la fermeture des sites de production durant le premier confinement. Depuis la fin de l’année, les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques, essentiellement fabriqués au Japon et aux États-Unis, perturbent la reprise. Mais surtout, les constructeurs automobiles ne trouvent pas de débouchés. Les principaux marchés européens chutent, entre − 19,1 % en Allemagne et − 32,3 % en Espagne. En France, les concessionnaires ayant été longuement fermés, le nombre d’immatriculations de véhicules particuliers diminue de 25,5 %.

En 2020, les sites de production de l’industrie aéronautique ont fermé entre trois et cinq semaines. La remise en route de l’activité s’est ensuite avérée difficile, les fabricants et les sous-traitants ayant eu besoin de temps pour à nouveau se coordonner. Par ailleurs, les compagnies aériennes, principaux clients du secteur, subissent fortement la crise sanitaire. Même s’il y a peu d’annulations de commande, les prises de commande diminuent de plus de 60 %. Les fabricants ont réduit leurs capacités de production.

L’industrie navale a été également pénalisée.

En 2020, seules les activités liées à la santé maintiennent leur niveau d’activité : la fabrication d’instruments et fournitures à usage médical est stable. La fabrication d’équipements médicaux augmente de 0,6 %, les autres activités manufacturières, qui comprennent les masques de sécurité, de 1,7 % et enfin l’industrie pharmaceutique progresse de 3,5 %.

L’industrie agroalimentaire résiste grâce à la consommation des ménages.

En 2020, la France perd des parts de marché ; le déficit du commerce extérieur double. Le recours au chômage partiel permet de limiter la baisse des effectifs salariés.

Source : Insee