Le secteur de la machine-outil enregistre sa meilleure performance depuis 2012

Le Symop dévoile les résultats de son étude annuelle sur les ventes de machines d’usinage et de formage en France sur l’année passée.

Côté distribution, les distributeurs de machines-outils dépassent la crise de 2012-2013 et évoluent vers la reprise avec une progression des ventes de 5,7 %. Côté constructeur, la croissance des ventes se poursuit également avec une progression de 7 %. Les perspectives de la machine-outil restent donc bien orientées pour les prochaines années y compris en France, même si le taux de croissance devrait diminuer.

« Les ventes de machines-outils en France : un marché 2017 particulièrement dynamique »

Dans un climat économique porteur, les ventes de machines-outils ont été particulièrement dynamiques en 2017 enregistrant une croissance de 12 % en valeur et 5.2 % en volume. Si les machines de formage ont connu une croissance assez faible en volume (1.6 %), les machines d’usinage ont nettement performé (+5.5 % en volume) après une année 2016 déjà favorable. L’analyse des fournisseurs de machines dévoile une amélioration de leur rentabilité depuis 3 ans.

Les tours constituent le premier segment de la machine-outil française (34 %). Ce segment a connu une dynamique particulièrement favorable avec une consommation en volume en hausse de 14,9 %.

De même, la progression des ventes de centres d’usinage atteint +9,4 % par rapport à 2016, pour une valeur totale de 360,3 millions d’euros. On estime qu’environ un 85 % des centres vendus en France sont aujourd’hui des centres à 5 axes.

Parmi les machines de formage, le nombre de machines de découpe vendues est en croissance sensible et plus nettement encore les machines à découpe laser et les poinçonneuses et combinés. A l’inverse les ventes de machines de découpe plasma et les presses se sont fortement contractées sur l’année.

 « Le secteur automobile, 1er secteur client de la machine-outil française »

Le secteur de l’automobile a stabilisé ses investissements en 2017 et redevient le premier secteur client de la machine-outil française (28,2 %).

Si la part de l’industrie aéronautique dans l’investissement en machines-outils est en diminution (24,7 %), les entreprises françaises du secteur prévoient une augmentation de la production dans les prochaines années.

L’industrie mécanique est le troisième client des fournisseurs de machines et représente 24,1 % des ventes. Le redressement des carnets de commandes et des perspectives de production s’est généralisé́ à la plupart des secteurs de cette industrie.

« Les fabricants misent sur la connectivité pour se différencier de la concurrence internationale »

Sur un marché compétitif comme celui de machine-outil, la recherche et l’innovation sont des éléments forts de différenciation vis-à-vis de la concurrence. Les constructeurs multiplient leurs efforts d’innovation afin de répondre au mieux aux besoins de leurs débouchés.

Cette année, la connectivité est le maître mot de tous les grands fabricants. La numérisation de la chaine de production permet de suivre les points forts et les points faibles des différentes étapes de processus, et donc d’optimiser les premiers et d’apporter en temps presque réel les correctifs nécessaires aux seconds. Des enjeux déjà intégrés dans la stratégie des grands groupes comme SKF, pour qui l’amélioration de la performance passe par le développement de la digitalisation des lignes de production de ses sites européens.

Pour Catherine Bruzaud, Responsable Economie du Symop : « Les entreprises clientes veulent rester compétitives par rapport à une concurrence internationale très agressive. A travers leur investissement en machines, elles demandent l’amélioration de la qualité de leur produit, une réactivité et une flexibilité plus forte de leur production, accompagnée d’une baisse des coûts de fabrication. Selon la typologie du client ou son domaine d’activité, deux niveaux de demande s’affirment : la recherche d’un prix de machine très compétitif et/ou une réelle technicité des machines ».

« Des projections de croissance positives à horizon 2020 »

Les pays de l’Europe occidentale disposent toujours d’une vaste base industrielle et d’un important parc de machines installées. En conséquence, ils représentent un remarquable potentiel pour le remplacement des équipements.

Les tendances observées devraient soutenir une croissance robuste de la consommation apparente de machines-outils en 2018, estimée à + 9,5 %. En effet, la demande en France sera dynamique car poussée par un phénomène de rattrapage, les investissements ayant été décalés en raison des difficultés économiques de la zone euro.

Ainsi, les investissements devraient rester dynamiques avec des taux moyens de croissance de l’ordre de 4 % à l’horizon 2020. La demande de machines-outils connaitra une forte expansion en 2018 (+7,4 %) pour retrouver un niveau supérieur à 4 % sur les années suivantes. L’annonce récente du Premier ministre Édouard Philippe, sur l’instauration d’une mesure de suramortissement de 40 % sur les investissements des PME dans les technologies d’avenir, va dans ce sens.