France : recomposition de la croissance

La croissance du PIB s’est établie à 1,6 % en 2018, portée par les contributions de l’investissement et du commerce extérieur. Le pouvoir d’achat du revenu des ménages a accéléré en fin d’année. Il progressera plus rapidement que le PIB en 2019 contrairement à l’an dernier.

La consommation tirera la demande, après l’avoir freinée en 2018. Avec la dissipation de la stimulation apportée par le CICE et les bas prix passés du pétrole, les marges des entreprises bougent peu. Les comptes d’agents nous envoient les premiers signaux concernant la composition de la croissance en 2019.

Pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages

Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages a progressé de 1 % en 2018 et accélère en fin d’année avec la baisse de la taxe d’habitation, la suppression des cotisations salariales d’assurance chômage et la baisse de l’inflation. La bascule de ces cotisations sur la CSG a fait des gagnants et des perdants. Les retraités figurent parmi ces derniers : les impôts directs, dont la CSG sur les retraites, sont en hausse de 6 %. A l’inverse, le pouvoir d’achat des salaires nets a augmenté de 3,4 %, malgré le ralentissement des salaires bruts (+1,1 %) et les dividendes reçus par les ménages (6,2 % du RDB) ont progressé de 9,4 %.

Taux de marge des entreprises

Le taux de marge des entreprises s’est légèrement érodé en 2018 (-0,2 pt), la masse salariale, soutenue par l’emploi, ayant été un peu plus vive que la valeur ajoutée. Toutefois, 2018 s’est avérée être une nouvelle bonne année du côté des profits (+4,8 %) en raison du recul des impôts directs et des charges d’intérêts. Les profits, au sens de la comptabilité nationale, progresseront à nouveau en 2019 ne serait-ce qu’en raison du traitement simultané du CICE au titre de 2018 et de l’allègement de cotisations sociales qui le remplace. Nous les attendons en hausse de 6,5 %. Mais hors one-off comptable, cette hausse ne serait que de 2,4 %.

Comptes des administrations publiques

Les comptes des administrations publiques ont indiqué une bonne nouvelle pour le gouvernement avec un déficit ramené à 2,5 % du PIB et une dette stable à 98,4 % du PIB grâce aux bons résultats de la sécurité sociale. En particulier, la progression des dépenses a ralenti et leur poids total s’est réduit à 56 % du PIB. La charge d’intérêt a très peu progressé à la faveur des taux d’intérêt faibles. La dépense primaire a été en hausse de 2 % après +2,2 % en 2017. Les efforts de maîtrise des dépenses ont porté surtout sur les dépenses de fonctionnement et notamment un ralentissement de la masse salariale publique.