3 questions à Serge Nadreau, président du groupe Robotique du Symop

1/ Pourriez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Déjà étudiant, l’association de l’informatique, du contrôle commande et de la mécanique me motivait. Après mon diplôme d’ingénieur aux Arts et Métiers, deux secteurs d’activité répondaient à mes attentes : le développement de solutions d’assistance mécanique aux malades et handicapés, ou la robotique, une autre forme d’assistance mécanique, mais à l’industrie. Me rendant compte que je préférai l’industrie au milieu médical, j’ai alors signé mon premier contrat dans un département d’automatisme chez Renault comme ingénieur pour y développer les premières briques de la programmation hors ligne, ou l’association de la vision avec des premiers robots… hydrauliques !

J’ai participé au développement des armoires de commande des robots de marque ACMA, commercialisées principalement dans les usines automobiles de nos constructeurs français.

En 1994 j’intégrais la société ABB, pour y appréhender la culture d’un groupe international, de nouveaux modes d’organisation et des business plus larges. Après Avoir été responsable technique de nos produits robots, puis responsables de département applications robotisées et Directeur des opérations, je suis, depuis 2012, directeur de l’Activité Robotique pour ABB France.

Au cours de ces années j’ai ainsi vu évoluer le marché de la robotique en France mais aussi son essor dans d’autres pays, selon des rythmes et des contextes économiques très différents.

2/ Quel rôle avez-vous au sein du Symop et quelles actions sont menées par le groupe robotique ?

Il y a déjà une dizaine d’année, les membres du groupe robotique du Symop avaient lancé le slogan « Robocalisez –  Robotisez pour ne pas délocaliser ».

Membre du comité de direction du Symop depuis de nombreuses années, président du groupe robotique depuis 2013, nous avons contribué après la crise économique de 2009-2010, à relancer messages et actions pour promouvoir la place du robot dans notre industrie.

Fort d’une participation de tous les  acteurs majeurs de la robotique industrielle, le groupe robotique et le Symop ont conçu de nombreuses actions, tant vers les industriels que les pouvoirs publics, en faveur de la robotisation.

En effet, ce n’est pas seulement l’industrie qu’il faut convaincre du besoin d’investir dans des solutions de production automatisée, mais c’est aussi les politiques qui, à travers leurs messages mais aussi les aides à l’investissement, renforcent la capacité de notre industrie à se robotiser, et devenir plus compétitive.

Ainsi ces dernières années, le Symop est à l’origine de plusieurs programmes comme ROBOT Start PME, le Suramortissement, et a apporté sa contribution à d’autres programmes comme l’amortissement accéléré ou différentes formules d’aide à l’investissement numérique.

Ces actions cherchent à bénéficier non seulement aux constructeurs de robots mais aussi à l’ensemble des membres du groupe, qu’il s’agisse des intégrateurs, des fournisseurs de périphériques associés aux solutions robotisées.

3/ Quelle vision avez-vous pour le secteur pour les prochaines années ?

Le monde de la robotique est en très forte évolution. La croissance de ce marché au niveau mondial, mais aussi national, est très forte, son évolution technologique est également très rapide et apporte des changements importants dans ce secteur.

La France est reconnue pour être en retard en termes de robotisation, particulièrement dans le secteur des ETI et PME, avec un tissu industriel plus faible, mais aussi un taux de robotisation inférieur à celui de nos voisins européens. Les actions du Symop doivent donc se renforcer pour aider au développement de « l’investissement productif » nécessaire à notre industrie.

Par ailleurs, les acteurs de la robotique changent, les métiers se développent. Aussi,  le groupe robotique s’est enrichi des membres du groupe ASP (Automatisation et Systèmes de production), afin que les différents acteurs d’intégration de la robotique se fédèrent.

La technologie de la robotique industrielle et celle de la robotique de service ont de nombreux points communs et il nous a semblé logique de regrouper ces secteurs, car des actions sur la place, la responsabilité, le rôle social du robot dans notre environnement industriel ou privé est aujourd’hui en débat ; il sera peut-être demain texte de loi…

Une nouvelle robotique est possible grâce à un ensemble de nouvelles technologies :la robotique collaborative, la cobotique, la programmation intuitive, la simplification d’intégration, le robot connecté, les services associés à une installation robotisée, sont des thèmes forts qui font partie ce qu’est déjà l’industrie du futur.

Enfin, le rôle de l’Homme dans ce secteur en forte transformation et en croissance, est une de nos préoccupations les plus importantes. Le Symop doit encore plus prendre sa part dans les évolutions nécessaires en terme de formation, à l’école, l’université mais aussi  pour la formation professionnelle tout au long de la carrière des roboticiens, des intégrateurs, des conducteurs de lignes des responsables de maintenance.

Sur tous ces chantiers, le Symop et le groupe robotique du Symop sont présents et  ont un rôle majeur, celui de porter notre profession vers un futur prometteur pour les générations à venir.